revolutionaries révolutionnaires

Dominicains: révolutionnaires de Dieu

Le pontificat de François est souvent appelée de «ouverture au monde» pour indiquer la réduction de l’écart entre la réalité des problèmes et les solutions proposées par l’Église.

Ce processus, en fait, a commencé avec le deuxième Concile Vatican où l’on a pris de plus en plus conscience de la nouvelle époque historique dans laquelle le monde est entré,  ainsi que de la nécessité d’un progrès dans la  théologie et dans la pastorale. En fait, bien que la Révélation est complète et immuable, sa compréhension s’évolue et s’améliore continuellement.

Jusqu’au XXe siècle, le principal problème commun à toutes les sociétés était la lutte pour la survie. L’homme était soumis à des événements externes (famines, maladies, guerres) et tous les efforts collectifs et personnels étaient déployés pour la défense de sa propre vie. La survie, aussi bien en temps de paix et en temps de guerre, était garantie par la capacité d’une personne de travailler la terre et élever du bétail. Une seule personne, cependant, pourrait cultiver une petite parcelle de terre juste assez pour lui et pour son bétail. Des bras capables de travailler – c’est à dire des familles nombreuses –  étaient nécessaires; personnes capables de travailler jusqu’à douze heures par jour, tous les jours, pour assurer une subsistance encore incertaine.

La société était rigidement organisée pour maintenir et consolider les liens et les processus, en fournissant les meilleures conditions pour la subsistance de la famille. Rejeter-ca était une attaque contre la vie elle-même. Le mariage, par exemple, n’a était pas fondée sur le sentiment de l’amour, mais sur les opportunités politiques et sociales d’assurer la continuité de l’existence elle-même. A l’intérieur du mariage, les rôles étaient clairement définis: le père travaillait et passait le métier à ses enfants, pendant que la mère continuait à donner naissance à d’autres enfants et à garder la maison. L’Eglise béni cette société douloureuse comme la seule qui pourrait garantir paix et prospérité; à la fois, elle présentait la perspective du Paradis, où tous les travaux terrestres auraient été récompensés grâce à une nature généreuse “où coulaient le lait e le miel”.

Le progrès technologique, au moins en Occident, a libéré l’homme de la servitude de la lutte pour la survie, en générant aussi la société d’abondance. A la fin du XIXe siècle, l’agriculture occupait 85% de la population. Au XXIe siècle, grâce à la technologie,  seulement 4% des gens sont engagés dans l’agriculture, avec une rentabilité suffisamment élevée pour générer des déchets. Aujourd’hui, un travailleur travaille au cours d’une semaine ce que ses collègues d’il y a deux siècles travaillaient en trois jours.

Ces changements-là ont ébranlé l’ordre de la société dans ses fondements. Les premiers à en bénéficier ont été les catégories les plus opprimées, d’abord – parmi toutes -les femmes.  En s’élevant du rang de productrices d’enfants et femmes à foyer, elles ont affirmé leur dignité et leur complète intégration dans la partie productive de la société.

Les hommes et les femmes, enfin, en face d’un homologue libre et égal, ont commencé à se soucier de leurs sentiments, aidés par les médias numériques qui lui permettaient d’entretenir des relations continuelles et d’expérimenter des nouvelles formes de liaisons.

Tel est le monde dans lequel l’Église doit faire face.

Si dans le passé la principale préoccupation de l’Eglise était de donner un espoir de salut, pour soutenir la souffrance d’une vie constamment menacée, de préserver les gens des dangers moraux des compromis qu’on rencontrait pour parvenir à la sécurité matérielle, aujourd’hui elle doit faire face à ceux qui ont reçu de la science et de la technologie cette tranquillité et cette liberté d’expérimenter avec leurs émotions, sans les contraintes du passé.  Science et technologie semblent avoir donné à l’homme ce Paradis que l’Eglise n’avait que prophétisé.

Ainsi la technologie devient un sacrement. Si le Christ guérit une main estropiée on parle de miracle, d’intervention divine, mais si la technologie effectue la même guérison, n’est-ce pas là aussi un miracle, une intervention divine? Est-ce qu’il n’y a pas dans la technologie des actions et des paroles ainsi que dans les sacrements?  Voilà le défi technologie vs. théologie.

Un exemple. Jusqu’au 19e siècle,  en considération du taux élevé de mortalité natale, la mort de la mère était un résultat très possible de l’accouchement. Le progrès médical a annulé presque complètement cet événement et l’Eglise a dû repenser le sacrifice volontaire des mères pour sauver l’enfant en tant que «vertu héroïque».  Notre époque présente aussi d’autres défis: génétique, euthanasie, bioéthique et relations familiales pour en citer seulement quelques-uns.

Avec le Concile Vatican II, l’Eglise découvre la nécessité de renouveler lui-même et l’approche envers des nouveaux problèmes. Elle commence à donner des directives à vivre la nouvelle vie de façon positive; aucune interdiction pour protéger la vie, mais l’encouragement à la vivre pleinement. On a parlé, à tort ou à raison, contre ou en faveur de la révolution de l’Eglise.

Dans l’histoire de l’Ordre, nous avons des figures qui ont été capables d’interpréter les signes des temps et de guider des révolutions. Dominique et ses frères mendiants et prédicateurs, dans un temps où ils pouvaient prêcher seulement les évêques de l’Église, couverts de luxe tout comme les empereurs; Albertus Magnus et Thomas d’Aquin, qui ont pris un philosophe «païen» utilisé par les infidèles arabes et l’ont élevé à fondement de la théologie; Catherine, une femme laïque qui grondait papes, cardinaux et princes, une chose qui aujourd’hui encore ferait crier au scandale ; Montesinos: qui sait combien l’ont pris et le prennent encore pour un communiste, un  fils de le théologie de la libération, lui qui a défendu les peuples autochtones contre les abus des conquistadors; Beato Angelico,  qui a ouvert les portes de la foi à la Renaissance.  Ils étaient tous des «révolutionnaires»,  et tous ont été en mesure de comprendre la crise du temps et indiquer une solution. Parfois, nous les prenons comme des  piliers inamovibles de nos spéculations, en trahissant le dynamisme et la créativité de leurs idées. Nous devrions étudier plus leur courage et moins leurs œuvres.

Qui, dans l’Eglise et dans l’Ordre, interprète aujourd’hui les signes des temps? Sinon nous, ou si nous proposons des théologies inspirées à une société « liquide », ce seront ces fascinantes théories de genre ou de la mort douce qui prévaudront.  Un surplus d’émotions investit tous les jours les gens qui, comme des adolescents au printemps, ne sont pas capables de dominer les nouveaux sentiments et les impulsions déclenchées par les nécessité sociales.

Ouverture au monde» signifie, par conséquent, prendre conscience que nos outils d’analyse ne sont plus suffisantes pour répondre à la nouvelle ère que nous vivons. Nous devons interpréter les signes des temps dans de nouvelles façons positives et créatives, identifiant des opportunités pour prêcher le Mystère Pascal (passion, mort et résurrection) en tant que source d’inspiration joyeuse de la vie, tels que l’éducation à la plénitude d’une vie libre, faite d’émotions et sentiments sincères. Nous devons dépenser nos études et notre contemplation dans les rues, parmi les gens, dans les universités, à la radio et à la télévision.

Nous ne devons pas organiser une défense morale contre les dangers qui viennent du monde, mais tracer et conduire un chemin de libération, éducation et gestion de toutes ces torrents d’émotions et relations qui sont nés tous les jours dans le monde moderne.

Cet âge-ci a besoin de révolutionnaires capables d’ouvrir un chemin dans le désert.  Nous sommes ces révolutionnaires de Dieu ; toi, tu est l’un de ceux-ci, et la Création attend notre «révélation».

Dominicains: révolutionnaires de Dieuhttp://www.fraternitiesop.com/wp-content/uploads/2016/11/santi-domenicani.jpghttp://www.fraternitiesop.com/wp-content/uploads/2016/11/santi-domenicani-150x150.jpgEdoardo MatteiFrenchSign of our timesSlider,
Le pontificat de François est souvent appelée de «ouverture au monde» pour indiquer la réduction de l’écart entre la réalité des problèmes et les solutions proposées par l'Église. Ce processus, en fait, a commencé avec le deuxième Concile Vatican où l’on a pris de plus en plus conscience de la...
Le pontificat de François est souvent appelée de «<em>ouverture au monde</em>» pour indiquer la réduction de l’écart entre la réalité des problèmes et les solutions proposées par l'Église. Ce processus, en fait, a commencé avec le deuxième Concile Vatican où l’on a pris de plus en plus conscience de la nouvelle époque historique dans laquelle le monde est entré,  ainsi que de la nécessité d’un progrès dans la  théologie et dans la pastorale. En fait, bien que la Révélation est complète et immuable, sa compréhension s’évolue et s’améliore continuellement. Jusqu'au XXe siècle, le principal problème commun à toutes les sociétés était la lutte pour la survie. L'homme était soumis à des événements externes (famines, maladies, guerres) et tous les efforts collectifs et personnels étaient déployés pour la défense de sa propre vie. La survie, aussi bien en temps de paix et en temps de guerre, était garantie par la capacité d’une personne de travailler la terre et élever du bétail. Une seule personne, cependant, pourrait cultiver une petite parcelle de terre juste assez pour lui et pour son bétail. Des bras capables de travailler – c’est à dire des familles nombreuses -  étaient nécessaires; personnes capables de travailler jusqu'à douze heures par jour, tous les jours, pour assurer une subsistance encore incertaine. La société était rigidement organisée pour maintenir et consolider les liens et les processus, en fournissant les meilleures conditions pour la subsistance de la famille. Rejeter-ca était une attaque contre la vie elle-même. Le mariage, par exemple, n'a était pas fondée sur le sentiment de l'amour, mais sur les opportunités politiques et sociales d’assurer la continuité de l'existence elle-même. A l'intérieur du mariage, les rôles étaient clairement définis: le père travaillait et passait le métier à ses enfants, pendant que la mère continuait à donner naissance à d'autres enfants et à garder la maison. L'Eglise béni cette société douloureuse comme la seule qui pourrait garantir paix et prospérité; à la fois, elle présentait la perspective du Paradis, où tous les travaux terrestres auraient été récompensés grâce à une nature généreuse "<em>où coulaient le lait e le miel</em>”. Le progrès technologique, au moins en Occident, a libéré l'homme de la servitude de la lutte pour la survie, en générant aussi la <em>société d'abondance.</em> A la fin du XIXe siècle, l'agriculture occupait 85% de la population. Au XXIe siècle, grâce à la technologie,  seulement 4% des gens sont engagés dans l'agriculture, avec une rentabilité suffisamment élevée pour générer des déchets. Aujourd'hui, un travailleur travaille au cours d’une semaine ce que ses collègues d'il y a deux siècles travaillaient en trois jours. Ces changements-là ont ébranlé l'ordre de la société dans ses fondements. Les premiers à en bénéficier ont été les catégories les plus opprimées, d'abord - parmi toutes -les femmes.  En s’élevant du rang de productrices d’enfants et femmes à foyer, elles ont affirmé leur dignité et leur complète intégration dans la partie productive de la société. Les hommes et les femmes, enfin, en face d'un homologue libre et égal, ont commencé à se soucier de leurs sentiments, aidés par les médias numériques qui lui permettaient d’entretenir des relations continuelles et d’expérimenter des nouvelles formes de liaisons. Tel est le monde dans lequel l'Église doit faire face. Si dans le passé la principale préoccupation de l'Eglise était de donner un espoir de salut, pour soutenir la souffrance d'une vie constamment menacée, de préserver les gens des dangers moraux des compromis qu’on rencontrait pour parvenir à la sécurité matérielle, aujourd'hui elle doit faire face à ceux qui ont reçu de la science et de la technologie cette tranquillité et cette liberté d’expérimenter avec leurs émotions, sans les contraintes du passé.  Science et technologie semblent avoir donné à l'homme ce Paradis que l'Eglise n’avait que prophétisé. Ainsi la technologie devient un sacrement. Si le Christ guérit une main estropiée on parle de miracle, d’intervention divine, mais si la technologie effectue la même guérison, n’est-ce pas là aussi un miracle, une intervention divine? Est-ce qu’il n’y a pas dans la technologie des actions et des paroles ainsi que dans les sacrements?  Voilà le défi technologie vs. théologie. Un exemple. Jusqu'au 19e siècle,  en considération du taux élevé de mortalité natale, la mort de la mère était un résultat très possible de l'accouchement. Le progrès médical a annulé presque complètement cet événement et l'Eglise a dû repenser le sacrifice volontaire des mères pour sauver l'enfant en tant que «vertu héroïque».  Notre époque présente aussi d’autres défis: génétique, euthanasie, bioéthique et relations familiales pour en citer seulement quelques-uns. Avec le Concile Vatican II, l'Eglise découvre la nécessité de renouveler lui-même et l'approche envers des nouveaux problèmes. Elle commence à donner des directives à vivre la nouvelle vie de façon positive; aucune interdiction pour protéger la vie, mais l’encouragement à la vivre pleinement. On a parlé, à tort ou à raison, contre ou en faveur de la révolution de l'Eglise. Dans l'histoire de l'Ordre, nous avons des figures qui ont été capables d'interpréter les signes des temps et de guider des révolutions. Dominique et ses frères mendiants et prédicateurs, dans un temps où ils pouvaient prêcher seulement les évêques de l'Église, couverts de luxe tout comme les empereurs; Albertus Magnus et Thomas d'Aquin, qui ont pris un philosophe «païen» utilisé par les infidèles arabes et l’ont élevé à fondement de la théologie; Catherine, une femme laïque qui grondait papes, cardinaux et princes, une chose qui aujourd’hui encore ferait crier au scandale ; Montesinos: qui sait combien l’ont pris et le prennent encore pour un communiste, un  fils de le théologie de la libération, lui qui a défendu les peuples autochtones contre les abus des conquistadors; Beato Angelico,  qui a ouvert les portes de la foi à la Renaissance.  Ils étaient tous des «<em>révolutionnaires</em>»,  et tous ont été en mesure de comprendre la crise du temps et indiquer une solution. Parfois, nous les prenons comme des  piliers inamovibles de nos spéculations, en trahissant le dynamisme et la créativité de leurs idées. Nous devrions étudier plus leur courage et moins leurs œuvres. Qui, dans l'Eglise et dans l'Ordre, interprète aujourd’hui les signes des temps? Sinon nous, ou si nous proposons des théologies inspirées à une société « liquide », ce seront ces fascinantes théories de <em>genre</em> ou de la <em>mort douce</em> qui prévaudront.  Un surplus d'émotions investit tous les jours les gens qui, comme des adolescents au printemps, ne sont pas capables de dominer les nouveaux sentiments et les impulsions déclenchées par les nécessité sociales. "<em>Ouverture au monde</em>» signifie, par conséquent, prendre conscience que nos outils d'analyse ne sont plus suffisantes pour répondre à la nouvelle ère que nous vivons. Nous devons interpréter les signes des temps dans de nouvelles façons positives et créatives, identifiant des opportunités pour prêcher le Mystère Pascal (passion, mort et résurrection) en tant que source d'inspiration joyeuse de la vie, tels que l'éducation à la plénitude d'une vie libre, faite d’émotions et sentiments sincères. Nous devons dépenser nos études et notre contemplation dans les rues, parmi les gens, dans les universités, à la radio et à la télévision. Nous ne devons pas organiser une défense morale contre les dangers qui viennent du monde, mais tracer et conduire un chemin de libération, éducation et gestion de toutes ces torrents d’émotions et relations qui sont nés tous les jours dans le monde moderne. Cet âge-ci a besoin de <em>révolutionnaires</em> capables d’ouvrir un <em>chemin dans le désert</em>.  Nous sommes ces <em>révolutionnaires</em> de Dieu ; toi, tu est l’un de ceux-ci, et la Création attend notre «révélation».

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