Des laïcs chez les prêcheurs

De l'ordre de la pénitence aux fraternités laïques, une histoire du tiers-ordre dominicain

laics chez precheurs
Editions:Kindle (French) - First Edition: € 11.90
ISBN: (ASIN) B01H5CW012
Pages: 265

Tout le monde connaît Catherine de Sienne, mais qui sait qu'elle était une laïque dominicaine ? Qui sont ces fameux « laïcs », hommes et femmes qui, tout au long de l'histoire de l'ordre des prêcheurs, ont collaboré au projet apostolique de saint Dominique ? De leur présence aux côtés de saint Dominique, dès 1207, à leurs transformations au moment où l'Église est entrée dans la modernité, notamment au moment de Vatican II, en passant par leur reconnaissance en tant que tiers-ordre par le pape, en 1405, c'est la vie de ces laïcs dominicains que nous raconte, siècle après siècle, Catherine Masson. Sans rien oublier, de relations faites d'alliance et de méfiance avec Rome, de leur persévérance au milieu des troubles politiques et religieux, de leurs apports à l'évangélisation, souvent discrets mais efficaces, l'historienne nous dessine un portrait total, vivant, de ces missionnaires courageux au service de la Parole de Dieu. Une contribution importante, érudite, pleine d'entrain à l'histoire de la chrétienté.

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Reviews:rédaction on Laics Domenicains - Fraternités de la Province de France wrote:

Depuis sa fondation, il y a 800 ans, on constate que des laïcs sont attachés de l’ordre des Prêcheurs. Institutionnellement cela renvoie à l’histoire de ce que l’on a appelé le tiers-ordre, expression qui signifie une appartenance à l’Ordre mais qui ne date que du XVe siècle. Elle cache une réalité diverse et complexe qui concerne les laïcs mais aussi des religieux et même des prêtres. Reconstituer l’histoire des laïcs dans l’Ordre c’est essayer de retrouver celle d’hommes et de femmes qui, en leur temps et dans l’esprit de saint Dominique, ont engagé leur vie à la suite du Christ et cherché à vivre leur mission de baptisés, au cœur du monde, dans les conditions « normales » de la vie dans ce monde. Cette définition du concile Vatican II ne nous met pas à l’abri de l’anachronisme mais elle permet de tracer notre chemin dans le dédale des formes diverses qu’a pris le tiers-ordre dominicain. Quatre grandes étapes peuvent être repérées.
Celle des origines où le nouvel ordre fondé par saint Dominique, à l’instar de celui fondé par saint François, répond aux aspirations de nombreux laïcs en vue d’une vie apostolique conforme à l’idéal évangélique et d’une réforme de l’Église. Les confréries de pénitents, préexistantes, se rattachent alors à l’un ou l’autre Ordre. Catherine de Sienne est au XIVe siècle une des plus illustres représentantes de ceux et celles que l’on appelle mantelatte et qui vivent et agissent dans l’orbite des frères prêcheurs. Ce n’est que peu à peu que les maitres de l’Ordre leur ont donné un cadre institutionnel. Il semble que, pour les pénitents noirs attachés aux dominicains, celui-ci ne s’impose qu’à partir du début du XVe siècle dans le contexte de la canonisation de Catherine de Sienne. Sous le nom de règle de Muño de Zamora, ce statut va jusqu’au XXe siècle régir cette branche « paradoxale » (H.M. Vicaire) qu’est le tiers-ordre dominicain au sein d’un ordre, essentiellement, clérical.
Ce mouvement des pénitents noirs s’est développé en Italie, en Allemagne et ailleurs dans le monde dans le sillage du développement de l’Ordre. Il est plus difficile à connaître en France jusqu’au XVIe siècle. Souvent il évolue vers des formes de vie religieuse, féminines en particulier. Celles-ci ont parfois été souhaitées par ses membres comme mieux adaptées à leur apostolat auprès des malades, des pauvres ou des enfants à scolariser ; mais elles ont aussi plus d’une fois été imposées, par les autorités ecclésisatiques, dans cette perspective apostolique ou parce que le statut religieux et même la stricte clôture semblaient mieux à même de permettre aux femmes de réaliser leur salut. Ce phénomène important de régularisation des tertiaires en contrarie quelque peu la dimension laïque, mais aboutit également à quelques belles fondations durables : monastères du tiers-ordre régulier (tels Langres ou Le Puy, au début du XVIIe siècle) et congrégations de sœurs apostoliques (la Présentation de Tours en 1696, avec Marie Poussepin par exemple) et cela jusqu’au XXe siècle.
Parallèlement, la réforme initiée par le frère Sébastien Michaelis à la fin du XVIe siècle contribue aussi au développement du tiers-ordre séculier en lien avec sa mission apostolique au service des plus démunis. Ces fraternités se multiplient alors en France.
Elles ont laissé des traces sur tout le territoire, fraternités d’hommes et de femmes ou tertiaires isolés qui, pour beaucoup, maintiendront leur présence et leur action au cœur de la tourmente révolutionnaire : le tiers-ordre est alors un des seuls lieux de survivance de l’Ordre en France et, même peu reconnu en tant que tel, il en sera ensuite un lieu de renaissance. Un nouvel élan est donné avec la restauration de l’Ordre par Lacordaire et celle des fraternités du tiers-ordre, à Paris, en 1844 : renouveau une fois encore marqué par le rôle que des tertiaires jouent dans la fondation de congrégations (Sainte Catherine d’Albi en 1852, par exemple), mais aussi par quelques figures de laïcs qui ont marqué leur temps, comme les membres de la fraternité du Saint-Sacrement fondée à Paris par le père M.A.Janvier en 1910. Beaucoup d’anonymes, un peu partout en France se nourrissent de la sève dominicaine, dans la prière, l’étude et la vie fraternelle, et donnent un sens spirituel et apostolique très fort à leur « profession » dans le tiers-ordre.
Le XXe siècle est celui des remises en cause, celle de la règle qui sera quatre fois modifiée entre 1923 et 1985, mais aussi celle d’un tiers-ordre devenu fraternités laïques dominicaines (1964) soucieux d’un engagement plus pleinement laïque.
C’est toute l’Église qui s’ouvre de plus en plus à cette dimension, avec le développement de l’Action catholique, à partir de la fin des années 1920, ou dans le sillage du renouveau conciliaire : une évolution qui pour les Fraternités laïques dominicaines, mouvement de laïcs, «100% laïcs » mais dépendant d’un ordre religieux, reste à confirmer.


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